Juliette Pollet

Conservatrice du patrimoine en charge de la collection d’art plastiques du Cnap

 

Le Centre national des arts plastiques s’associe à D’Days pour présenter pour la première fois en France l’installation à jouer Flatlands de Nathalie Pozzi et Eric Zimmerman pendant le Festival du Design. Explication par Juliette Pollet.

D'Days

Tout d’abord, peux-tu rappeler en quelques mots les missions principales du CNAP – Centre national des arts plastiques ?

Juliette Pollet

Le Centre national des arts plastiques est un établissement du ministère de la culture qui soutient la création contemporaine. Il a deux missions principales : collecter la création contemporaine dans tous les domaines, le design, les arts visuels, les images fixes et les images en mouvement ; et soutenir la création en allouant des bourses et des aides à la production artistique, à l'édition, à la première exposition… Tout un dispositif d'aides vient soutenir les créateurs. 

D'Days

Quel est ton travail au sein de cet organisme ?

Juliette Pollet

Je suis conservatrice du patrimoine en charge de la collection d’arts plastiques et j’ai occupé précédemment les mêmes fonctions pour la collection de design et d’arts décoratifs. La collection est enrichie chaque année et je participe aux travaux de la commissions d’acquisitions. Je suis en charge du suivi de la politique de conservation préventive et de restauration, je contribue aux missions d’inventaire et de documentation, avec l’ensemble des équipes du Cnap . Je suis également chargée de participer à la valorisation de la collection, en accompagnant la circulation des oeuvres et en collaborant à ou en initiant des projets d’expositions.

Le Cnap n'a pas de lieu public ouvert de manière permanente au grand public, par contre nous collaborons avec tout le réseau des institutions culturelles en France et aussi à l'international, via des prêts courts ou via ce qu'on appelle des dépôts, donc des prêts à long terme qui peuvent durer de trois à dix ans avec des musées. Le Cnap coproduit aussi régulièrement des expositions, et en tant que commanditaire, fait des commandes spécifiques à des artistes et designers. Par exemple l'année dernière, pendant les D’Days nous avions montré Cavea, une pièce d'Olivier Vadrot.

D'Days

Qu’est-ce qui vous a plu dans le projet Flatlands ? Qui vous a poussé à l’acquisition de cette œuvre ?

Juliette Pollet

C'est une acquisition faite en 2015, qui a été portée par Jérôme Delormas, un des membres de la commission. Elle sera montrée pour la première fois en France pendant le Festival des D’Days.

Il s’agit d’une ouverture de la collection vers le domaine du game design. Elle compte peu de jeu, ce n'est pas un domaine classique pour la collection. On peut citer le jeu Noisy Jelly de Raphaël Pluvinage et quelques pièces d’Étienne Mineur, mais il s’agit d’un petit corpus.

Aussi, en plus d'ouvrir un nouveau territoire, ce qui intéressait le Cnap avec cette acquisition c'est qu’elle s’apparente à une archive : c'est un témoignage de l'histoire du jeu de l’après-guerre jusqu'à nos jours, c'est une collection dans la collection. Ce qui faisait particulièrement sens par rapport à notre mission. La pièce peut être activée, mais quand elle n'est pas activée elle peut aussi quasiment devenir un matériel d'étude pour les chercheurs, pour les spécialistes du jeu, pour les historiens, etc. 

Ces différentes strates ont motivé l’acquisition. 

D'Days

Quelle est votre implication avec D’Days et vos motivations pour le présenter lors du Festival du Design des D’Days cette année ?

Juliette Pollet

Pour être activée Flatlands nécessite un certain investissement, de l’encadrement, de la médiation et un public susceptible de participer. Lorsque Scott est venu me parler de la thématique du Festival, je me suis dit que le Festival des D'Days était vraiment l'opportunité parfaite pour la présenter.

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Exposition du 3 au 14 mai 2017 Au Musée des Arts décoratifs.

Lire l’interview de Nathalie Pozzi et Eric Zimmerman.

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